Francophonie avec un grand ou un petit f ? Pour en finir avec ce débat pichrocolinesque, quelques indications…
La francophonie, avec un petit f, désigne l’ensemble des locuteurs, des groupes de locuteurs et des peuples qui utilisent le français à des degrés divers : le français est selon le cas langue maternelle, langue seconde, langue de communication ou de culture.
Le mot francophonie a été créé par le géographe français Onésime Reclus en 1880, repris et popularisé un siècle plus tard par le poète Léopold Sedar Senghor, ancien président de la République du Sénégal.
La Francophonie, avec un grand F, désigne le regroupement sur une base politique des États et gouvernements (52 en 1999) qui, réunis en Sommets tous les deux ans, définissent les orientations et les programmations de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dirigée par le Secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf.
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Je risque une fois encore de m’inscrire en dehors des sentiers battus, mais pourquoi vouloir différencier l’esprit même de notre langue ? Pourquoi opposer les locuteurs aux États ? Pourquoi supposer que le Peuple des locuteurs n’est plus le gouvernement souverain de la République ?
Pourquoi vouloir accorder un sens plus général ou plus réducteur de cette manière intime de communiquer d’entre les hommes ?
Je ne vous cache pas mon amour de notre langue. Ma fierté d’être citoyen de notre République ! C’est avec cet amour de la langue que j’ai appris à échanger mes sentiments et c’est grâce à elle que j’entends figer mon attachement à la liberté de penser, de créer, d’échanger …
Aussi pourquoi les hommes auraient deux manières d’aborder le Français ? Pourquoi des francophones entendraient s’exclure de cette culture qui toujours veut que la liberté s’hérite, se poursuive, s’échange … !?
Nous savons que la langue est essentielle aux communautés humaines …
Aussi, surtout avec le Français, langue dans laquelle les libertés essentielles se sont écrites par le passé, nous devons nous refuser à fragmenter cette conscience qui réunit les peuples … Notre langue permet aux hommes différents de se vivre selon des aspirations communes, des espérances volontairement imitées les unes des autres … Aussi, une fois encore pourquoi vouloir fragmenter le sens profond de cette manière de communiquer ?
Et qui sommes-nous pour vouloir donner un sens fragmenté de la langue de la liberté ?
Condorcet lui même, ne pensait-il pas qu’ « Il est important pour le maintien de l’égalité réelle, que le langage cesse de séparer les hommes en deux classes » et dès lors, ayant ainsi conscience de la force de notre langue, pourquoi vouloir dire qu’il y a différentes manières de penser l’égalité de traitement et d’usage de la langue ?
Certes, nous avons chacun notre sensibilité, avons chacun une utilisation particulière de la langue française mais reconnaissons à ce vecteur de sentiments apaisés une commune dénomination, une égale transcription.
J’ai le grand défaut de tout vouloir ramener à la « politique » mais avouons que le Français, langue de la liberté et de la révolution, est la langue de tous les hommes qui se rêvent libres !
Rien d’autre ne doit commander à la construction de la francophonie …
J’irai jusqu’à écrire que les hommes et les femmes qui acceptent de défendre la francophonie veulent d’une certaine manière défendre l’universalité des valeurs qui furent écrites dans la langue de Voltaire de de Rousseau …
Je ne pense pas que nous puissions alors parler de la Francophonie tant cette idée fige la pensée que nous nous faisons de la liberté et qu’il est impossible d’immobiliser l’âme française …
Salut & Fraternité !
“Cap” ou pas “cap”, là est la question !
Et la réponse est à trouver dans le Lexique des règles typographiques, guide de référence de l’Imprimerie nationale. Aire culturelle définie par une pratique plus ou moins développée de la langue française, la francophonie ne prend pas de capitale. Elle peut alors s’apparenter à une attitude, une doctrine voire une philosophie.
Le mot s’écrira en revanche avec une capitale lorsqu’il renvoie à l’organisme international dont le caractère unique “confère à la dénomination (…) la valeur d’un nom propre” (Lexique des règles typographiques, Imprimerie nationale, 2002, p. 134).
“Francophonement” vôtre !